Téléglobine

13 avril 2015

KillYourTVLe 29 mars 2011,  l’Aquitaine passait à la télé tout numérique sauf moi (et quelques autres sans doute). Quatre années sans télévision adoucissent la vie mais rendent les séances de zapping -sur la TV des autres- effrayantes par la violence contenue dans les programmes.

Le décodeur TNT externe avait été pourtant bien acheté mais finalement pas connecté à l’écran de la télévision devenu, logiquement, obscur ce 29 mars 2011. C’est tout simplement le pari de se passer de télévision pendant un mois, puis pendant un an, qui nous a finalement conduits à ne plus avoir de télévision du tout. Quatre ans plus tard, le décodeur est toujours empaqueté et rangé quelque part dans un placard.

Selon l’institut Médiamétrie (données « Année TV 2014 »), les Français passent en moyenne 3h41 par jour devant la télévision. Dans mon cas, ces trois heures et quarante et une minutes quotidiennes ne se sont pas converties en méditation transcendantale mais tout simplement en moments de vie familiale avec lecture, discussions et, bien sûr, connections au web.

Quand on vit sans télévision -mais pas sans audio visuel grâce à l’internet- s’offrir une bonne vieille séance de zapping télévisuel chez des amis ou dans la famille est édifiant. Les images sont incroyablement violentes. Certes la réalité du monde l’est parfois tout autant mais ces fictions débordantes de meurtres, assassinats, armes et hémoglobine sont effrayantes.

Une violence quotidienne

Six cent soixante-dix meurtres, 419 fusillades ou explosions, 15 viols et 27 scènes de torture en une semaine de programme. Voilà ce que le magazine Le Point avait comptabilisé en 1988. Les études du sociologue américain George Gerbner (décédé en 2005) sur les émissions de télévision pour enfants ont démontré que celles-ci contenaient environ 20 actes violents par heure et que les jeunes se comportaient différemment après avoir vu ce type d’émissions. L’enfant américain moyen aura été témoin, à 18 ans, de 40 000 meurtres et 200 000 actes violents.

J’ai beau croire en la liberté d’expression la plus large possible mais, immanquablement, la question d’une modération, d’un filtrage ou même d’une censure se pose. La censure de l’Internet est à l’ordre du jour pour lutter contre le djihadisme, l’antisémitisme, le racisme, le complotisme mais la télévision diffuse, chaque jour, des crimes de toutes sortes sans que l’on se soucie vraiment de son influence.