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    Portrait de Vincent BiardTravaillant pour la Presse et dans la communication depuis vingt ans, Vincent Biard est aujourd’hui journaliste pour la presse territoriale et économique. Il réalise également des prestations liées à l’internet et aux réseaux sociaux, des formations et des missions de conseil en communication. Il rédige aussi des articles sur ce blog, consacré à la presse territoriale, aux médias numériques et au développement économique du Pays basque et du bassin de l’Adour. Continuer la lecture →

Les derniers chaisiers de Came ?

Publié le 18 avril 2017

Si au début du XXème siècle, on dénombrait une quarantaine d’ateliers spécialisés à Came, aujourd’hui on compte six petites entreprises installées pour une douzaine d’emplois. Ces fabricants de chaises pourraient bien être la dernière génération de chaisiers de Came.

On fabrique des chaises à Came depuis le milieu du XIXème siècle. Les artisans du village avaient alors prolongé un savoir-faire pratiqué depuis la fin du Moyen Âge par les Cagots, ce peuple de parias qui ne pouvaient exercer que certains métiers dont celui du bois.

« Mon arrière-arrière-grand-père a créé l’entreprise en 1860 et c’est dans l’atelier familial que j’ai appris le métier de la chaise » raconte Jean-Jacques Lataillade artisan dont l’activité majeure est maintenant le mobilier. Même constat pour Pierre Lataillade, son frère ainé également installé à Came (avec un employé) : un quart de leur activité est consacré à la réparation et l’entretien de chaises, le reste au mobilier et à l’agencement.

C’est avec du bois basque ou béarnais -chêne, merisier, noyer, hêtre, platane- que les chaises sont fabriquées. Des pailleuses confectionnant l’assise des sièges, des sculpteurs et tourneurs sur bois ainsi que des peintres sont couramment employés en complément.

Production en baisse

En 2007, Joseph Lataillade –père de Jean-Jacques et Pierre- ouvrait un musée de la chaise adjacent à l’atelier familial. Ce micro musée expose les outils traditionnels et témoigne de l’histoire de cet artisanat local dont l’outillage a étonnamment assez peu évolué entre le Moyen Âge et les années cinquante. Malheureusement, la tradition des chaisiers de Came pourrait bien disparaître.

Au début du XXème siècle, on dénombrait une quarantaine d’ateliers, aujourd’hui on compte six petites entreprises installées pour une douzaine d’emplois. Outre les frères Lataillade, Christophe et Pascal Malou -chacun à leur compte- perpétuent l’entreprise familiale créée en 1850, Serge Garderes et Jean-Pierre Charviat sont deux artisans indépendants et l’entreprise Gestas Créations lancée en 1927 emploie cinq personnes.

Si tous continuent à fabriquer des chaises avec des productions anecdotiques pour certains, c’est la réalisation de meubles de touts types et de cuisines sur mesure qui constituent leur activité principale. « Nous faisons de moins en moins de chaises car les clients en achètent des plus abordables et en changent plus souvent » analyse Pascal Malou. « Nos ventes aux magasins ont disparues au profit de l’importation de chaises évidement plus économiques » rapporte Pierre Lataillade.

Et l’innovation ?

C’est donc un constat préoccupant que nous procurent les chaisiers de Came. Ils avaient essayé de s’organiser il y a quelques années avec notamment la création de l’association « Les chaisiers de Came ». Le décès en 2014 de Michel Malou son président a mis « l’association en sommeil » constate Jérôme Gestas le trésorier. Jean-Jacques Lataillade a certes obtenu le label « entreprise du patrimoine vivant » mais les chaisiers de Came auraient aimé disposer d’un label de qualité commun à leur territoire. « Le projet est tombé à l’eau » regrette Pierre Lataillade.

Malgré une moyenne d’âge autour de la cinquantaine et le manque de jeunes, la production n’est pas pour autant condamnée. « L’activité s’est stabilisée parce que nous fabriquons sur mesure et localement » tempère Pierre Lataillade. « Il y a quand même une renommée alors nous continuons à recevoir des commandes » ajoute Jérôme Gestas.

Parmi les pistes de maintien et de développement de l’activité, certains chaisiers évoquent l’exemple d’Alki, le fabricant de meubles d’Itxassou qui s’est relancé en changeant totalement sa stratégie pour allier avec succès savoir-faire artisanal et design contemporain. Certainement un exemple à suivre du côté de Came.

En photo : Jean-Jacques Lataillade et son grand père à quelques décennies d’écart. @JJ.lataillade

Article initialement publié dans La Semaine du Pays Basque n°1218 du 10 mars 2017.

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